pour apprendre à développer compassion
et bienveillance pour soi-même.

MEDITATION DE PLEINE CONSCIENCE ET DE

SELF-COMPASSION

 

ou MEDITATION D'AUTO-COMPASSION




POUR PRATIQUER LA PLEINE CONSCIENCE EN DEVELOPPANT

 

 

 

COMPASSION ET BIENVEILLANCE POUR SOI-MÊME

 

 

 


 

 


« Comment répondre à la question la plus importante de la Mindfulness de Self-Compassion »

D'après Steven Hickman, Psy.D. Directeur exécutif du Centre pour la Mindfulness à l'Université de Californie, San Diego - Directeur du Centre de formation pour la Self-Compassion


« En fait c’est une question simple. Mais c’est une de ces questions qui, quand elle est posée, nous laisse perplexes et stupéfaits : «  De quoi as-tu besoin ?  ».


Ce n’est pas du tout facile de répondre. C'est facile, quand enfants, nous courons sangloter auprès de notre mère après avoir subi une méchanceté d’un frère, ou quand nous sommes à la recherche effrénée et urgente d’un bain dans un endroit inconnu.

Mais quand nous souffrons, quand nous ressentons du chagrin, quand nous nous sentons désespérés ou trahis, sommes-nous en mesure de répondre à une question aussi profonde et importante: « De quoi ai-je besoin ? Juste là, juste en ce moment ?"

Ce dont nous avions besoin enfants, quand nous ressentions de la peine, c’était d’être réconfortés, rassurés que quelqu'un nous aime encore et s’occupe de nous. Nous étions tranquillisés et consolés par le contact inconditionnel et sans réserve d’un parent aimant. Nous avions besoin que quelqu’un donne un baiser à notre bobo quand nous tombions. De même, nous avions besoin d'être réconfortés par une étreinte d'amour quand nous étions exclus du jeu des autres enfants.


Pourtant, pour beaucoup d'entre nous, les instants de difficulté ont rencontré autre chose, en grandissant, en vieillissant et en faisant des expériences traumatisantes qui nous ont arrachés à ce besoin profond d'être aimés, acceptés et appréciés. Pour on ne sait quelles raisons, nous nous sommes retrouvés bien loin de ressentir de quoi nous avions vraiment besoin dans les moments de souffrance. Souvent, sans même avoir conscience que cet instant-là était un instant de souffrance. Nous ignorons les larmes qui naissent de ne pas nous sentir connectés, aimés, ou paradoxalement, ignorés. La réponse que nous donnons habituellement est, au contraire, de prendre soin des besoins des autres.

 

De cela nous en sommes tout-à-fait capables, et même nous sommes très actifs pour prendre soin des besoins des personnes les plus proches de nous. Nous sommes les préposés à ce service. De cette façon, nous transférons notre désir profond que l’on prenne soin de nous dans les soins que nous prodiguons aux autres. Lorsque cela est fait avec le cœur, c’est certainement une chose merveilleuse. Souvent notre instinct nous fait comprendre exactement quels sont les besoins des autres. En effet nos neurones miroirs deviennent hyperactifs quand nous rencontrons la douleur et les difficultés d'une autre personne et, grâce à cette résonance, nous avons la capacité merveilleuse d'exprimer un réconfort avec les mots justes. Nous savons offrir la gentillesse et la consolation réellement nécessaires à ce moment-là.

Mais ce que se passe-t-il dans les moments plus sombres, ceux du désespoir et de la peur? De quoi avons-nous besoin? Ce n’est pas une question de peu d'importance. Nous nous efforçons de toutes les manières à répondre à cette question et pour tout résultat nous n’obtenons souvent qu’encore plus de souffrance. Nous utilisons le mode pilotage automatique, souvent inutile, voire destructeur. Pour tenter de rencontrer nos besoins les plus profonds, nous nous efforçons jusqu’à l’épuisement, convaincus que c'est la bonne manière. « De cette façon, les choses vont changer, et même plus, nous deviendrons parfaits! » Ou éventuellement «si je coupe le contact avec cette personne (difficile), alors c’est certain je me sentirai bien ! »

 

[...] La MSC peut être considérée comme un « antidote » à la honte et à l'autocritique qui nous accompagnent souvent, nous remplissant de doutes, de craintes et d’aversion envers nous-mêmes. L’entraînement systématique à la capacité d'être aimable et de nous aimer, surtout dans les moments de souffrance (quand nous nous sentons perdus, déconnectés, rejetés et abandonnés), nous permet, au contraire, de récupérer la capacité innée d'être aimables et compatissants avec nous-mêmes, de la même manière dont nous réussissons à l’être envers les autres.

 

L'une des premières questions sur lesquelles sont invités à réfléchir les participants au cours est la suivante: « Comment est-ce que je traiterais un ami qui est en difficulté, qui se sent inadapté ou qui a échoué partout? » La réponse, dans ce cas, est presque évidente et coule sans difficulté. Mais quand nous retournons cette même question à nous-même, la réponse est souvent tout à fait le contraire. Surtout quand nous considérons comment inoffensif le ton de notre voix intérieure. Cette «sympathique » voix intérieure que beaucoup retiennent, à juste titre, être dure, exigeante, méprisante et dénigrante. Ce sont souvent des échos douloureux du passé, ce sont les voix de ceux qui nous ont traités de la même façon.

Être en mesure de remarquer simplement comment nous nous sentons quand la voix intérieure parle de cette façon, est souvent une révélation pour qui n’a jamais prêté attention à comment nous nous sentons à être traité de la sorte. Les commentaires qui en ressortent sont souvent ceux-ci: « Je n’aurais JAMAIS traité quelqu’un de cette manière! »

 

Cela se produit beaucoup plus souvent que nous pourrions l’imaginer. Une expérience très instructive dans ce sens a été de recueillir les commentaires, écrits par des femmes, sur leur apparence physique. Par la suite, deux actrices se sont assises dans des cafés et restaurants et l’une disait à l’autre, à haute voix, certains des propos rapportés. Les convives des tables voisines étaient horrifiés de ce qu'ils entendaient et souvent interrompaient les actrices pour dire que c’était terrible qu'une personne s’autorise à parler ainsi à une autre!

 

Le programme MSC aide à « réchauffer » notre voix intérieure, à commencer à cultiver une attitude bienveillante, tendre ainsi que d’accueil, celle qui nous pousse à vouloir être heureux et à souffrir moins, au lieu que de vouloir être perfectionnistes à tout prix, pour ensuite se sentir effrayés et honteux, outre qu’à déployer un énorme gaspillage d'efforts.

 

Les résultats préliminaires sur l'efficacité du programme MSC sont très encourageants. Il existe aussi une impressionnante liste de recherches de K. Neff où se trouve vérifiée une corrélation significative entre l’auto-compassion et le bien-être physique et mental, ainsi que la capacité à changer les attitudes malsaines, à savoir comment mieux faire face aux défis de la vie et vivre les relations affectives avec plus de facilité. Cela, pour ne citer que quelques effets positifs.

 

Pour conclure, quand il nous est vraiment difficile de donner une réponse à la question fondamentale de l'auto-compassion: « Moi, de quoi ai-je vraiment besoin ? », ou quand nous nous sentons dépassés par les événements, nous sommes tristes, inquiets et craintifs, cela ne pourrait-il pas beaucoup nous aider d'apprendre à nous apporter à nous-mêmes bienveillance et calme, justement pendant ces moments difficiles? De même dans notre vie - stressée – de tous les jours?

Le programme MSC peut nous aider à découvrir la voix compatissante qui est en nous et à nous entraîner à nous traiter comme nous traitons les autres, inversant nos réponses automatiques et réussissant à faire (et à dire), à nous et aux autres, exactement ce que nous désirons. »